Culture et traditions

Culture et traditions

  • Sauver le Patrimoine culturel .
  • Mettre les os de dinosaures à l’abri des prédateurs .
  • Interdire le vol des pointes de flèches et des poteries datant de la Préhistoire…

Oui, mille fois oui . Et le Niger d’aujourd’hui ?

IL est tout aussi digne d’intérêt et je ne peux penser à « ma » ville d’Agadez sans une immense nostalgie. J’y ai rencontré des gens admirables de générosité et de  dévouement .J’y ai connu surtout, de la part de la grande majorité d’entre eux, une gentillesse, une attention, une sollicitude à l’égard de l’étrangère que je suis, remarquables .J’ai reçu une grande leçon d’humanité et d’humour. Un humour noir, sans jeu de mots, qui trahit une incroyable vitalité et beaucoup de courage ..

L’Afrique cultive encore des vertus dont l’Occident a souvent perdu la mémoire. Les salutations quotidiennes du voisinage, les «  bonjour voisine », les «  voisine as-tu bien dormi ? », le petit mot gentil lancé au passage et qui témoigne du regard amical de celui qui vous croise .Au début, on s’étonne de  ne plus être transparent .Et puis on s’habitue…J’ai le souvenir précis de ce vieil homme que je saluais tous les jours , contaminée par la courtoisie ambiante, et qui me tendit un soir sa petite marmite pour m’offrir un beignet.

Dans quel pays utilise-t-on l’expression épatante : «  apporter la causerie » ?

Il y a trois ans, ,fraîchement arrivée à Agadez, j’ai été invitée à dîner chez des amis, et , réflexe bien français, j’ai proposé d’apporter « quelque chose ». On m’a répondu :

« Toi, tu apportes la causerie ».

Au marché, la cliente fidèle que j’étais , avait droit de la part du commerçant à un brin de familiarité polie et souvent même à un petit « plus » que je ne sollicitais pas.

Je me souviens du pauvre campement où j’ai été reçue en toute simplicité par un ami touarègue qui savait parfaitement dans quel confort j’étais installée et c’est sans complexes, qu’il m’a accueillie chez lui, sur une natte et qu’il m’a offert les trois verres de thé traditionnels . Pauvre, très pauvre même, mais pas honteux. Il sait ce qu’il n’a pas mais il sait qui il est .Il n’existe pas à travers ce qu’il possède, il n’a rien. C’est l’Homme debout tel que la croix berbère Aza ,symbole de liberté ,le représente..

Nous avons beaucoup à apprendre de l’Afrique .De là à prétendre que sa pauvreté la met à l’abri de l’égoïsme et des tares de l’Occident, ce serait monstrueux .

Puisse le Niger avancer et sortir du marasme qui l’accable, sans perdre ni son humanisme ni son humanité. .

                                                                                     Annette Sénéchal